
ARIS (Reuters) - De violentes échauffourées ont éclaté dimanche soir à
Villiers-le-Bel, au nord de Paris, après la mort de deux adolescents dans une collision avec
une voiture de police.
Le bureau de police de la ville a été incendié et celui d'une commune attenante a été
saccagé, apprend-on auprès de la préfecture du Val d'Oise.
Un garage de Villiers a également brûlé et deux départs de feu ont été éteints dans un
garage voisin et une station-service.
Au moins deux voitures et de nombreuses poubelles ont été incendiées non loin du lieu
de l'accident près du quartier sensible de La Tolinette, selon le cabinet du maire de
Villiers, une ville située à une vingtaine de kilomètres au nord de Paris dont 40% de la
population à moins de 25 ans.
Le maire, Didier Vaillant, et le préfet du Val d'Oise, Paul-Henri Trollé, se trouvaient sur
place dans la soirée pour faire le point.
Le procureur de la République de Pontoise a ouvert une enquête et l'IGPN, la police des
polices, est sur place, a-t-on appris de source judiciaire.
"La situation est tendue ce soir. On ne sait pas comment ça va évoluer pendant la nuit", a
déclaré à Reuters le directeur de cabinet du maire, Nicolas Carrier. "Ce qu'attendent
aujourd'hui les habitants, c'est une enquête claire qui établisse les faits", a-t-il ajouté.
A l'automne 2005, la mort de deux jeunes poursuivis par la police à Clichy-sous-Bois, en
Seine-Saint-Denis, avait provoqué trois semaines de violences urbaines sans précédent en
France.
MINI-MOTO
A Villiers-le-Bel, "ce n'était pas une course-poursuite mais vraisemblablement un
accident de la circulation", souligne-t-on à la Direction centrale de la sécurité publique.
Devant les violences, d'importants effectifs de police ont été envoyés sur place, venant
des départements voisins et de Paris.
"On a une mise à profit immédiate d'une situation dramatique dans laquelle deux jeunes
sont morts avec des dégradations et des vols", a déclaré à Reuters le directeur de
cabinet du préfet. "Il y a des petits groupes de casseurs qui ont commencé à piller les
commerces".
Un jeune a été interpellé dans la soirée en possession de bijoux, a-t-il précisé.
La préfecture fait état de sept policiers et un pompier légèrement blessés mais un
commissaire qui s'était rendu sur place en fin d'après-midi a dû être hospitalisé avoir été
passé à tabac par un groupe de jeunes. Il souffre d'un traumatisme facial important,
a-t-on précisé de source policière.
Selon la préfecture, les deux jeunes âgés de 15 et 16 ans circulaient sans casque sur
une mini-moto. La collision s'est produite peu après 17h. Selon une source syndicale
policière, les adolescents n'ont pas respecté la priorité - une version contestée par
certains témoins de la scène.
Plusieurs d'entre eux, interrogés par les médias, ont raconté que les policiers impliqués
dans la collision ont rapidement quitté les lieux, laissant derrière eux la voiture et la
mini-moto. Les habitants montaient la garde autour des véhicules en début de soirée pour
contribuer à l'enquête.
"Dès qu'un policier se rend sur place, il est caillassé. Cela rend les constatations
difficiles", souligne-t-on à la préfecture.